2026, retour à Madagascar !

Après 9 ans sans rendre visite à l’île de Madagascar, Femmes En Action est repartie sur l’île rouge !

Les visites sur le terrain sont très importantes et nous nous en sommes encore rendue compte cette année. Voir les difficultés « en vrai », pouvoir palper l’ambiance, les envies et les volontés, ça ne se mesure pas via des échanges de mails. Ça se vit en direct et ça se ressent.

Après 9 ans sans visite, nous avons pu constater l’évolution du centre Patrakala que nous soutenons depuis le début de notre existence. Que de changement ! Il y a de nouveaux bâtiments, de nouvelles orientations de projets, de nouveaux partenaires. C’est formidable de voir tant d’associations et de partenaires se rassembler en un lieu commun pour bâtir de si belles choses.

Pour ce voyage, l’accent a été mis sur les enfants. En effet, la présidente a passé 3 ans en Côte d’Ivoire et sur place, elle s’est rapprochée de l’école Zeid Amhadt de Synacassi à Abidjan. Elle y a proposé des activités manuelles aux enfants et celles-ci ont rencontré un succès fou. Ce succès est tel que 2 ans après son départ, les activités continuent avec Caroline, bibliothécaire et animatrice scolaire, grâce au matériel laissé sur place.

Ces moments de joie simple et de découverte pour les enfants (certains, jamais scolarisés, ne savaient pas utiliser un tube de colle ou une paire de ciseau) nous ont fait prendre conscience de plusieurs choses.

  • Les besoins primaires doivent être atteints (respirer, boire, manger, éliminer, se protéger du froid et de la chaleur, être en sécurité, dormir) mais même si ce n’est pas le cas, il est utile de proposer des moments de joie, de découverte et d’insouciance aux enfants
  •  Ces moments passés entres enfants permet de développer la cohésion de groupe, l’entraide (les plus grands aident les plus petits), le partage(il faut savoir se prêter les fournitures !) et la patience
  • Les activités manuelles peuvent amener les enfants non scolarisés dans des lieux de culture (une bibliothèque, une école) et les inciter eux ou leurs parents à être scolarisés

Avant de continuer plus loin, la présidente aimerait revenir sur une histoire qui l’a profondément touchée.

« En Côte d’Ivoire j’intervenais à Akouédo, quartier populaire d’Abidjan, avec Caroline B, française et membre du CCFD et Caroline D, ivoirienne, membre de la communauté dans laquelle nous intervenions. Un mercredi nous avons fait comme d’habitude : nous avons installé des nattes par terre, amené des livres, des coloriages et des crayons de couleurs et pendant 3h nous avons lu, aidé les enfants à colorier, discuté avec eux etc. C’était un moment super sympa avec une quarantaine d’enfants, peut-être plus ?

Le lendemain, Caroline B, prévenu par Caroline D, m’envoie un message pour me prévenir que le gouvernement a fait venir les bulldozers dans le quartier d’Akouédo et que les machines sont en train de tout raser (les quartiers construits de manière non autorisés terminent très souvent de cette manière en Côte d’Ivoire). Les gens n’étant pas au courant, ils reviennent de leur travail en courant pour sauver le peu d’affaires qu’ils avaient chez eux.
Avec Caroline B nous décidons d’aller sur place et ce que nous voyons ce sont des images de destructions comme en temps de guerre (je vous laisse l’article que j’ai écrit sur ce sujet https://lesvoyagesdemyriam.fr/coloriage-et-deguarpissement/ ). Là, nous croisons un petit garçon présent la veille aux activités lecture et coloriage. Il est au milieu de sa famille, toutes les affaires sauvées de la destruction autours de lui. Il nous fait un énorme sourire et nous dit « ah ! on va faire du coloriage aujourd’hui !!! », ses petites mains se nouant devant sa poitrine. Et là, j’ai regretté de ne pas avoir pris les crayons de coloriage. Nous avons dû lui expliquer que non, nous n’étions pas là pour ça. On a vu son sourire s’effacer et les larmes remplir ses yeux. C’est ce jour-là que je me suis rendu compte que même lorsque les besoins vitaux n’étaient pas atteints, il fallait tout de même proposer ces moments de détentes et de découvertes aux enfants, que c’était très important et que c’était utile pour que les enfants oublient pendant quelques heures les difficultés du quotidien.

C’est pour cette raison que cette année, j’ai décidé lors du séjour à Madagascar de faire des activités manuelles avec les enfants, même si certains ne mangent pas à leur faim, même si certains ont froid, n’ont pas assez de vêtements ou d’accès au soin. Pouvoir les sortir de la maison, leur faire penser à autre chose qu’aux difficultés, permet de leur offrir un répit. »

Toutefois, entre le programme prévu et la réalité du terrain, il y a un monde, surtout à Madagascar ! A l’origine, avec ODADI nous avions discutés de l’état de la piste (exécrable), du temps (pluvieux), des possibilités pour les écoles de nous accueillir etc. A l’origine nous devions faire des activités manuelles avec les écoles de Béorana, Andozoka, Ambohimanarivo (nouvelle école demandant de l’aide à ODADI et ses partenaire) et au centre Patrakala. Finalement, nous n’avons pas fait d’activité avec Ambohimanarivo, le temps nous a manqué mais nous avons fait une activité avec l’EPP d’Antsahafina située plus près du centre Patrakala.

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